Police de Montréal Désobéissent!
Les policiers de Montréal désobéissent à leur chef
Nouvelles générales - Faits divers
Écrit par Daniel Renaud
mercredi, 18 mars 2009 21:49
Mise à jour le mercredi, 18 mars 2009 22:13
Les policiers de Montréal ont fait fi d’un ordre de leur directeur qui exigeait qu’ils portent leur pantalon réglementaire dimanche, lors de la manifestation contre la brutalité policière, a appris RueFrontenac.com.
L’ordre a été envoyé par courriel aux 4000 policiers du SPVM, à 2h42, dans la nuit de samedi à dimanche, 12 heures avant la manifestation.
Il faisait suite à un avis rendu dans la soirée par la CSST qui, à la demande de la Fraternité des policiers de Montréal, s’était penchée sur la question de l’équipement des policiers lors des manifestations et avait tenu, dans la journée de samedi, une audience qui réunissait à la fois le syndicat et la direction de la police.
«….dans les circonstances particulières de la manifestation du 15 mars, le port du pantalon réglementaire est préférable pour diminuer les risques de confusion avec les manifestants, lors des interventions policières», a jugé la CSST dans des avis joints à un rapport d’intervention remis aux deux parties.
«Suite à cette démarche de la Fraternité, il est de ma responsabilité d’ORDONNER (en majuscule dans le texte original) de porter l’uniforme réglementaire à tous les policiers et policières des services impliqués dans le service d’ordre de demain et ce, pour la durée de la manifestation», a ensuite écrit le directeur de la police, Yvan Delorme, dans le courriel envoyé à tous ses policiers et dont RueFrontenac.com a obtenu copie.
Mais l’ordre n’a pas été suivi et comme ils le font depuis le début de leurs moyens de pression, les policiers ont continué de porter des pantalons de camouflage lors de la manifestation de dimanche.
«C’était un avis seulement et il n’a pas force de loi», explique Yves Francœur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal.
«L’avis disait seulement qu’il était préférable de porter l’uniforme réglementaire. De plus, il y a déjà eu une décision de la CSST beaucoup plus étoffée qui avait été rendue lors du conflit entre la Police de Québec et ses agents et qui concluait qu’il n’y avait pas de danger», ajoute M. Francœur, qui n’a pas voulu commenter plus précisément le fait que les policiers aient refusé de suivre un ordre donné par leur chef.
Des représailles?
«Quand le directeur de la police donne un ordre, il faut qu’il soit respecté», affirme de son côté l’inspecteur Paul Chablo, directeur des communications à la police de Montréal.
La direction de la police n’exclut pas que des sanctions soient imposées aux quelque 300 policiers qui sont intervenus pour contrôler les manifestants dimanche.
«Nous étudions différentes options, mais en même temps, nous sommes conscients que les policiers ont refusé de suivre cet ordre dans un contexte de conflit de travail. Sans conflit, ils se seraient sûrement conformés», indique-t-il.
Selon la direction de la police, en portant des pantalons de camouflage semblables à ceux des manifestants, ses policiers causent une certaine confusion qui pourrait être dangereuse pour leur sécurité et celle de la population.
D’autres manifestations ou émeutes pourraient encore bientôt survenir, comme celle qui a marqué la victoire du Canadien contre les Bruins au printemps 2008 et déjà, la direction de la police n’exclut pas que le directeur Delorme puisse renouveler à court terme son ordre sur le port de l’uniforme régulier.
«Notre position est toujours la même: quand le facteur de risque est élevé, comme à la manifestation contre la brutalité policière ou les séries de la coupe Stanley, le fait de porter les pantalons réguliers minimise les dangers», conclut l’inspecteur Chablo.
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