Je me demande....

2010.03.03 - 5:26 PM

Quand le printemps arrive, j'ai souvent envie de prendre mon sac à dos et de partir à l'aventure. J'ai le goût de tout laisser tomber et de partir pour nul part. Comme dans le temps. Comme quand je n'avais pas de travail, pas de comptes à payer, pas vraiment de responsabilités.

Je me demande souvent si je suis mieux maintenant ou si c'est ma vie d'avant qui était le mieux.
Je pouvais faire tout ce que je voulais, aller ou j'en avais envie et quand j'en avais envie. Je me sentais vivante, libre.
Aujourd'hui, je suis prise dans cette routine de personne "casée" et je m'écœure. Toujours en train de me demander comment je vais faire pour payer tel ou tel compte. Je me plains du prix des loyers, du prix de la bouffe, du prix de tout. Je suis devenue matérialiste comme tous ceux que je détestais dans ma vie d'avant.
J'aide les gens, ça diminue ma culpabilité d'être devenue comme tous ces gens que je méprisais, assise sur le trottoir avec ma tasse de petit change.
Je donne du temps, je donne du change, de la nourriture, des vêtements, etc. Je fais du bénévolat dans des organismes communautaires, je partage tout ce que j'ai. Pourtant, j'ai toujours l'impression que ce n'est pas suffisant. Que maintenant ceux qui partageaient la rue avec moi, avant, me regarde de travers. que pour eux, je suis devenue une étrangère.
Mes principes, ma façon de penser n'ont pas vraiment changé pourtant. Je me bats toujours pour les mêmes choses, je ne le fais juste pas de la même manière. Peut-être que j'ai pu croire que je pourrai plus facilement changer le système si j'en faisais partie.
Mes priorités ont pas vraiment changer non plus. Je gère mon argent autrement, c'est tout. J'ai réussi à me trouver un toit alors je le paye pour ne pas le perdre. Et comme je partage toujours ce que j'ai, j'héberge des amis qui autrement dormirais sur un banc.

Mais j'ai quand même, souvent, malgré tout, le goût de tout laisser, de remettre ma vie dans mon sac à dos et de partir. J'ai le goût de revivre cette aventure de vie complétement au jour le jour. De ne pas savoir ce que je vais manger ni ou je vais dormir ce soir. De ne pas savoir comment je pourrai avoir de l'argent, ni quand, ni même comment je vais la dépenser. je m'ennuie du temps ou mes compatriotes de fortune ne me regardaient pas de travers quand je m'approchais d'eux pour jaser un peu. J'aimais mieux faire face au regard du reste de la société que j'ai de la difficulté à trouver acceptable. Je me sens exclue de mon groupe...
Je me suis faufilée dans la société pour tendre une main de plus à mes amis, en espérant qu'ils comprendraient qu'en la prenant ils pourraient m'aider à changer le système de l'intérieur. On a passé tellement de nuits, ensemble, à parler de comment on pourrait changer la société si seulement on en faisait parie. Je croyais ne pas avoir été seule à comprendre réellement que c'est peut-être possible. Je m'épuise à essayer d'aider d'autres personnes à s'en sortir pour m'aider ensuite à changer la société car je ne peux y arriver seul. Comme personne ne peut s'en sortir seul.
Mais à force de me faire regarder de travers par mes anciens compatriotes, j'ai le goût de tout abandonner. À force de faire repousser les mains que je tends, j'ai envie de simplement plonger tête première dans le chaos.
Pourquoi tant de rejet de ceux qui m'ont tant aider auparavant? Pourquoi refuser de voir que tous ensemble on pourrait sans doutes arriver à changer le monde? Pourquoi avoir si peur?

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